Pourquoi ai-je eu envie de pratiquer les TICE?
Faire une pause d’un an et demi dans mon enseignement en 2010 m’a permis de faire un bilan sur ma pratique et surtout grâce à l’arrivée de ma fille, d’apprendre et de découvrir comment accueillir un enfant, l’aider à grandir en respectant ses besoins depuis ses premiers jours. Je l’ai beaucoup observée, en essayant d’avoir une place juste, sans intervenir ou en essayant de faire au minimum à sa place afin qu’elle soit le plus possible actrice dans son développement. Souvent, nous pensons aider l’enfant en lui montrant, en le guidant. Ainsi, nous le rendons dépendant de notre présence et surtout nous faisons, en fait, à sa place. Il perd petit à petit cet élan de découverte par lui-même. Accompagner, c’est aussi communiquer. Je me suis également intéressée à différentes techniques de communication. Ce fut un vrai apprentissage, une nouvelle façon de parler en recommençant à zéro avec un petit enfant. J’ai pu constater à quel point les choix des mots influençaient sur l’implication et la coopération de l’enfant.
A la reprise du travail, une des mes grandes interrogations était : « comment être cohérente entre ce que je fais à la maison et ce que je vais faire avec mes élèves en respectant des valeurs essentielles comme : respect du rythme de l’enfant, autonomie, implication, joie, communication, échanges, coopération ? »
Par ailleurs, j’interviens chaque année depuis 2003 en section BTS. Les classes sont actuellement constituées d’environ 50% d’élèves venant de BAC PRO, les autres sont issus de terminale STI2D ou S ainsi que d’IUT ou DUT. L’hétérogénéité est alors très élevée dans cette section (aussi bien par le niveau, que par la quantité de travail personnel demandée à l’élève suivant la filière). J’étais donc également à la recherche d’outils pour jongler avec ces différences.
J’ai découvert alors le e-learning et la plateforme Khan Academy. En visionnant diverses vidéos de ce site, j’ai compris à quel point la vidéo était un support plaisant pour apprendre (s’il était bien réalisé) et rendait autonome. En effet, chacun peut la regarder plusieurs fois, à son rythme, en faisant pause, en revenant en arrière... L’idée d’utiliser la vidéo dans mes cours m’a alors séduite. J’ai alors décidé de créer mes premières vidéos en 2012, faute de supports satisfaisants sur Internet. Peu de temps après, naissait le site : www.mathenvideo.fr afin de stocker, d’organiser le savoir créé, de pouvoir l’utiliser avec mes élèves avec plus de lisibilité et surtout afin de leur transmettre l’information facilement en classe car donner des liens hypertextes en fin de séance est impossible !
Une présentation en vidéo de mon parcours :
Remarques sur mes vidéos : J’ai choisi de ne pas apparaître sur les vidéos. Refaire un cours comme en classe ne me paraît pas pertinent. Mon désir est de produire des supports de qualité, avec peu d’attente. Donc toutes mes vidéos sont retouchées. De plus, si j’étais apparue sur les films, ce type de montage aurait donné des séquences plus saccadées. Par ailleurs, une simple tablette graphique et une petite salle me suffisent pour faire mes enregistrements alors que si je décidais de me filmer, je devais investir dans une caméra, un trépied, faire attention à l’éclairage, au cadrage, à ma posture, mes gestes, ma présentation, avec peu de diversité de couleur pour écrire sur un tableau blanc… Ce qui me paraissait trop de contraintes techniques et de recherches et un coût d’investissement trop onéreux ! Ensuite, grâce au nuancier de ma tablette graphique, je peux utiliser de nombreuses couleurs afin de montrer les étapes successives dans un calcul par exemple.
Les vidéos sont donc des séquences courtes, de quelques minutes (4 minutes maximum) portant sur une seule notion de cours (une définition ou une propriété) ou sur une question d’exercices afin de garder l'attention au maximum.
Exemple de vidéo de cours :